Vivre avec la SEP
Les troubles urinaires
Environ 80% des patients atteints de SEP souffrent ou souffriront de troubles urinaires en raison d'un mauvais fonctionnement de la vessie et/ou du muscle qui contrôle l'ouverture du canal urinaire (l'urètre).
Ces problèmes assez perturbants sont de deux ordres : incapacité à retenir l'urine (incontinence) ou difficultés à vider la vessie (dysurie) même en cas de besoin ressenti. Pour la plupart, ces symptômes peuvent être contrôlés avec succès et les complications urinaires évitées.
L'incontinence
-
Les symptômes
- Une forte et parfois douloureuse envie pressante d'uriner.
- Des envies fréquentes d'uriner la nuit ou des accidents.
-
Que faire ?
- Signalez vos symptômes à votre médecin traitant.
- Buvez suffisamment au cours de la journée (2 litres) et peu le soir.
- Essayer d'uriner toutes les deux ou trois heures. Le fait de boire moins n'arrange rien, il ne fait qu'augmenter le risque d'infection urinaire.
- Evitez de boire des boissons alcoolisées (particulièrement la bière), les boissons gazeuses à base de cola et le café qui stimulent la production d'urine.
- Porter des vêtements faciles à ouvrir.
- Pour éviter toute infection urinaire, veillez à vous laver les parties génitales externes avec une solution sans savon pour éviter le dessèchement et donc la prolifération des bactéries.
-
Que peuvent faire les professionnels de santé ?
Votre médecin traitant peut vous prescrire un traitement qui réduit l'hyperactivité du muscle de la vessie.
D'autres mesures peuvent aussi être utiles pour pallier l'incontinence :
- Certains gestes (éternuements, rires...) peuvent provoquer un relâchement de la vessie. Le kinésithérapeute peut vous montrer des exercices destinés à renforcer le muscle concerné (muscle pelvien). Des traitements peuvent également aider à ralentir l'action des muscles.
Vous pouvez recevoir une rééducation spéciale auprès de votre médecin, qui vous apprendra comment retenir l'urine plus longtemps et contrôler ainsi vos envies d'uriner.
Il existe aussi des produits spécifiques à utiliser en cas de perte involontaire d'urine, parmi lesquels des dessous spéciaux, des changes ainsi que des étuis péniens. Les infirmières, votre pharmacien ou votre médecin traitant vous donneront des informations pour les utiliser.
La dysurie
-
Les symptômes
- Difficulté à déclencher la miction ou à vidanger votre vessie, entraînant des regorgements parfois douloureux.
- Des fuites d'urine dues à la compression de la vessie, l'éternuement, le rire, la toux ou les changements de position.
-
Que faire ?
- Consulter son médecin traitant si les symptômes deviennent gênants.
- Eviter de porter des vêtements trop serrés qui pourraient comprimer la vessie.
-
Que peuvent faire les professionnels de santé ?
Votre médecin traitant vous examinera afin de déceler toute infection urinaire et vous prescrira un traitement pour éradiquer cette dernière ou détendre les muscles qui contrôlent l'ouverture de l'urètre. Le sondage est une excellente solution pour éviter les inconvénients d'une vessie insuffisamment évacuée entraînant le risque, à long terme, d'infections et d'insuffisance rénale chronique. Cinq à six sondages par jour sont nécessaires en moyenne. Une vessie vidée régulièrement et complètement a peu tendance à s'infecter. Vous pouvez aussi apprendre avec votre partenaire la technique du sondage relativement rapidement avec l'aide d'un urologue ou d'une infirmière spécialisée. Parallèlement à cette technique, il est conseillé de boire 1,5 litres par jour abondamment pour maintenir une vidange suffisante.
L'association des deux symptômes
Il peut arriver qu'un patient présente les deux troubles, incontinence et dysurie en même temps. Le traitement consiste à diminuer l'hyperactivité de la vessie et à assurer une évacuation complète et régulière par sondages intermittents.
Page mise à jour le 19/11/2009