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Savoir s'entourer

Ils en parlent

Olga Bobrovnikova,

  • Olga Bobrovnikova, qu'avez-vous décidé de faire quand vous avez appris votre maladie ?


    O. Bobrovnikova : Le fait de révéler ma maladie pouvait faire douter mes interlocuteurs de mes capacités et me fermer des portes. C'est pourtant ce que j'ai fait, avec l'objectif de m'impliquer dans l'aide à la recherche. Le hasard a d'ailleurs voulu que lors d'un concert à Malte, en mai 2003, se tienne au même endroit un symposium européen sur la SEP. Sans hésiter, je leur ai proposé de jouer pour eux. J'ai été vraiment confrontée à la réalité de la maladie, en rencontrant à cette occasion des gens très atteints. Cela a été un grand choc pour moi, mais aussi le déclencheur de mon engagement dans cette lutte.
  • La maladie a-t-elle influencé le choix du répertoire que vous interprétez ?


    O. Bobrovnikova : Je dirais qu'elle a eu une influence positive. Elle m'a poussée à ne pas tomber dans la facilité et à plutôt rechercher des oeuvres difficiles techniquement. J'ai eu alors une révélation, la découverte d'un compositeur russe allemand du XIXe, complètement oublié, Paul Auguste Pabst. Tout pianiste qui l'a interprété un jour vous dira que c'est un défi à la fois physique, mental et émotionnel, ce que j'appelle le “triangle performance”.
  • Vous astreignez-vous à un entraînement particulier ?


    O. Bobrovnikova : Oui, mais plus par rapport à l'exigence de l'interprétation des compositions de Pabst que par rapport à la
    maladie.
  • La Glasnost a mis fin à l'Union Soviétique, êtes-vous retournée là-bas ?


    O. Bobrovnikova : Je m'étais fait la promesse de ne plus jamais y remettre les pieds. Et puis Paul Pabst m'y a conduite en décembre 2003, pour faire des recherches à son sujet et réaliser un enregistrement privé. J'étais émue de retrouver des proches et un
    pays que je ne reconnaissais plus. En novembre 2004, je suis revenue à Moscou, mais cette fois j'étais invitée pour donner quatre concerts dans le cadre de la lutte contre la SEP. En Russie, la situation des malades est catastrophique, l'accès aux traitements y est difficile. Il y a plus de 250 000 malades et peut-être le double si l'on compte ceux qui ne sont pas diagnostiqués. J'ai l'intention d'y
    retourner pour continuer d'agir.
  • Quels sont vos projets ?


    O. Bobrovnikova : Certaines choses me tiennent à coeur comme mon livre sur les compositeurs russes du XIXe, tels que Tchaikovski, Rachmaninoff et Pabst bien sûr, dont je travaille de nouvelles partitions. Il y a aussi un film, tourné lors de mon deuxième voyage en Russie, que je finalise. Je ne manque pas d'idées ! Comme disait Einstein “L'idée était folle, était-elle suffisamment folle pour être vraie ?”.
  • Dernière question, jouerez-vous en France ?


    O. Bobrovnikova : Les 4 et 5 octobre 2005, je donnerai des concerts au Havre. Au fait, savez-vous que la Bibliothèque Nationale de Paris abrite des partitions et des documents sur Paul Pabst ? Moi oui !
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Page mise à jour le 18/03/2010

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